Comisión de las Comunidades Europeas contra Reino de España.
| Jurisdiction | European Union |
| Court | Court of Justice (European Union) |
| Writing for the Court | Jann |
| ECLI | ECLI:EU:C:1998:519 |
| Docket Number | C-114/97 |
| Date | 29 October 1998 |
| Procedure Type | Recurso por incumplimiento – fundado |
Arrêt de la Cour (cinquième chambre) du 29 octobre 1998. - Commission des Communautés européennes contre Royaume d'Espagne. - Manquement d'Etat - Libre circulation des travailleurs - Liberté d'établissement - Libre prestation des services - Activités de sécurité privée - Conditions de nationalité. - Affaire C-114/97.
Recueil de jurisprudence 1998 page I-06717
Sommaire
Parties
Motifs de l'arrêt
Décisions sur les dépenses
Dispositif
1 Libre circulation des personnes - Liberté d'établissement - Libre prestation des services - Dérogations - Activités participant à l'exercice de l'autorité publique - Activité des entreprises et du personnel de sécurité privée - Exclusion
(Traité CE, art. 55, al. 1, et 66)
2 Libre circulation des personnes - Dérogations - Protection de l'ordre public, de la sécurité publique et de la santé publique - Exclusion générale des activités de sécurité privée - Inadmissibilité
(Traité CE, art. 48, § 3, 52 et 56)
3 Libre circulation des personnes - Liberté d'établissement - Libre prestation des services - Restrictions - Administrateurs et directeurs d'entreprises de sécurité soumis à une condition de résidence - Inadmissibilité - Justification par des raisons de sécurité publique - Absence
(Traité CE, art. 56, § 1, et 66)
Sommaire
1 En tant que dérogation à la règle fondamentale de la liberté d'établissement, l'exception prévue à l'article 55, premier alinéa, combiné, le cas échéant, avec l'article 66 du traité, doit recevoir une interprétation qui limite sa portée à ce qui est strictement nécessaire pour sauvegarder les intérêts que cette disposition permet aux États membres de protéger. Ainsi, la dérogation qu'elle prévoit doit être restreinte aux activités qui, prises en elles-mêmes, constituent une participation directe et spécifique à l'exercice de l'autorité publique.
Tel n'est pas le cas de l'activité des entreprises et du personnel de sécurité ayant pour objet d'assurer des missions de surveillance et de protection sur la base de rapports de droit privé, dont l'exercice n'implique pas qu'ils soient investis de pouvoirs de contrainte. En effet, la simple contribution au maintien de la sécurité publique, à laquelle tout individu peut être appelé, ne constitue pas un exercice d'autorité publique.
2 En excluant l'exercice, par une personne ou une entreprise possédant la nationalité d'un autre État membre, des activités de sécurité privée, un État membre manque aux obligations qui lui incombent en vertu des articles 48 et 52 du traité. Une telle exclusion générale de l'accès à certaines activités professionnelles ne saurait être justifiée par les raisons d'ordre public, de sécurité publique et de santé publique visées aux articles 48, paragraphe 3, et 56 du traité. En effet, la faculté pour les États membres de limiter la libre circulation des personnes pour lesdites raisons n'a pas pour objet de mettre des secteurs économiques tels que celui de la sécurité privée à l'abri de l'application du principe de la libre circulation, du point de vue de l'accès à l'emploi, mais vise à permettre aux États de refuser l'accès ou le séjour sur leur territoire à des personnes dont l'accès ou le séjour sur ces territoires constituerait, en tant que tel, un danger pour l'ordre public, la sécurité publique ou la santé publique.
3 Constitue un obstacle à la liberté d'établissement et à la libre prestation des services une règle de droit national selon laquelle les administrateurs et les directeurs de toutes les entreprises de sécurité doivent résider sur le territoire de l'État membre dans lequel elles sont établies. Cette condition de résidence n'est pas nécessaire pour assurer la sécurité publique dans ledit État membre et ne relève donc pas de la dérogation prévue à l'article 56, paragraphe 1, combiné, le cas échéant, avec l'article 66 du traité. En effet, le recours à cette justification suppose l'existence d'une menace réelle et suffisamment grave affectant un intérêt fondamental de la société. Or, des contrôles efficaces sur les activités exercées par les entreprises de sécurité privée peuvent être effectués et des sanctions peuvent être prises à l'encontre de toute entreprise établie dans un État membre, quel que soit le lieu de résidence de ses dirigeants. En outre, le paiement d'une éventuelle sanction peut être garanti au moyen de la constitution d'une caution préalable.
Parties
Dans l'affaire C-114/97,
Commission des Communautés européennes, représentée par MM. Antonio Caeiro, conseiller juridique, et Fernando Castillo de la Torre, membre du service juridique, en qualité d'agents, ayant élu domicile à Luxembourg auprès de M. Carlos Gómez de la Cruz, membre du même service, Centre Wagner, Kirchberg,
partie requérante,
contre
Royaume d'Espagne, représenté par M. Santiago Ortiz Vaamonde, abogado del Estado, du service juridique de l'État, en qualité d'agent, ayant élu domicile à Luxembourg au siège de l'ambassade d'Espagne, 4-6, boulevard Emmanuel Servais,
partie défenderesse,
ayant pour objet de faire constater que, en maintenant en vigueur les articles 7, 8 et 10 de la loi 23/1992, du 30 juillet 1992, dans la mesure où ils soumettent l'octroi de l'autorisation d'exercer les activités de sécurité privée, dans le cas des «entreprises de sécurité», à la condition qu'elles possèdent la nationalité espagnole et que leurs administrateurs et directeurs aient leur résidence en Espagne et, dans le cas du «personnel de sécurité», qu'il possède la nationalité espagnole, le royaume d'Espagne a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu du traité CE, et en particulier de ses articles 48, 52 et 59,
LA COUR
(cinquième chambre),
composée de MM. P. Jann (rapporteur), président de la première chambre, faisant fonction de président de la cinquième chambre, J. C. Moitinho de Almeida, C. Gulmann, L. Sevón et M. Wathelet, juges,
avocat général: M. S. Alber,
greffier: M. R. Grass,
vu le rapport du juge rapporteur,
ayant entendu l'avocat général en ses conclusions à l'audience du 7 mai 1998,
rend le présent
Arrêt
Motifs de l'arrêt
1 Par requête déposée au greffe de la Cour le 19 mars 1997, la Commission des Communautés européennes a introduit, en vertu de l'article 169 du traité CE, un recours visant à faire constater que, en maintenant en...
Get this document and AI-powered insights with a free trial of vLex and Vincent AI
Get Started for FreeUnlock full access with a free 7-day trial
Transform your legal research with vLex
-
Complete access to the largest collection of common law case law on one platform
-
Generate AI case summaries that instantly highlight key legal issues
-
Advanced search capabilities with precise filtering and sorting options
-
Comprehensive legal content with documents across 100+ jurisdictions
-
Trusted by 2 million professionals including top global firms
-
Access AI-Powered Research with Vincent AI: Natural language queries with verified citations
Unlock full access with a free 7-day trial
Transform your legal research with vLex
-
Complete access to the largest collection of common law case law on one platform
-
Generate AI case summaries that instantly highlight key legal issues
-
Advanced search capabilities with precise filtering and sorting options
-
Comprehensive legal content with documents across 100+ jurisdictions
-
Trusted by 2 million professionals including top global firms
-
Access AI-Powered Research with Vincent AI: Natural language queries with verified citations
Unlock full access with a free 7-day trial
Transform your legal research with vLex
-
Complete access to the largest collection of common law case law on one platform
-
Generate AI case summaries that instantly highlight key legal issues
-
Advanced search capabilities with precise filtering and sorting options
-
Comprehensive legal content with documents across 100+ jurisdictions
-
Trusted by 2 million professionals including top global firms
-
Access AI-Powered Research with Vincent AI: Natural language queries with verified citations
Unlock full access with a free 7-day trial
Transform your legal research with vLex
-
Complete access to the largest collection of common law case law on one platform
-
Generate AI case summaries that instantly highlight key legal issues
-
Advanced search capabilities with precise filtering and sorting options
-
Comprehensive legal content with documents across 100+ jurisdictions
-
Trusted by 2 million professionals including top global firms
-
Access AI-Powered Research with Vincent AI: Natural language queries with verified citations
Unlock full access with a free 7-day trial
Transform your legal research with vLex
-
Complete access to the largest collection of common law case law on one platform
-
Generate AI case summaries that instantly highlight key legal issues
-
Advanced search capabilities with precise filtering and sorting options
-
Comprehensive legal content with documents across 100+ jurisdictions
-
Trusted by 2 million professionals including top global firms
-
Access AI-Powered Research with Vincent AI: Natural language queries with verified citations
Start Your 7-day Trial
-
Commission of the European Communities v Kingdom of Denmark.
...sentido, las sentencias de 27 de octubre de 1977, Bouchereau, 30/77, Rec. p. 1999, apartado 35; de 29 de octubre de 1998, Comisión/España, C-114/97, Rec. p. I-6717, apartado 46, y de 19 de enero de 1999, Calfa, C-348/96, Rec. p. I-11, apartado 21). Resulta de ello que debe existir una relac......
-
Commission of the European Communities v Portuguese Republic.
...Inasti/Kemmler (C‑53/95, Rec. p. I‑703), apartados 10 y 11. 11 – La Comisión invoca la sentencia de 29 de octubre de 1998, Comisión/España (C‑114/97, Rec. p. I‑6717), apartados 42 y 48. 12 – Sentencia de 9 de marzo de 1999 (C‑212/97, Rec. p. I‑1459), especialmente apartados 36 a 38. 13 – Se......
-
Commission of the European Communities v Italian Republic.
...be restricted to activities which in themselves are directly and specifically connected with the exercise of official authority (see Case C-114/97 Commission v Spain [1998] ECR I-6717, paragraph 35; Case C-355/98 Commission v Belgium [2000] ECR I-1221, paragraph 25; and Case C-283/99 Commis......
-
European Commission v Portuguese Republic.
...Milan, 1998, p. 103 et seq. 8 – See, inter alia, Case 2/74 Reyners [1974] ECR 631; Case C-3/88 Commission v Italy [1989] ECR 4035; Case C-114/97 Commission v Spain [1998] ECR I-6717; Case C-355/98 Commission v Belgium [2000] ECR I-1221; Case C-283/99 Commission v Italy [2001] ECR I-4363; Ca......
-
La libre prestación de servicios y el derecho de establecimiento en el Derecho de la Unión Europea
...prestación de servicios y son, por tanto, contrarios al artículo 59 del Tratado. 47 Sentencia de 29 de octubre de 1998, Comisión v. España, C-114/97, ECLI:EU:C:1995:717, párrafo 34,35,37,38 y 42. 47 LUCÍA IONE PADILLA ESPINOSA Por su parte, el Tribunal lo que se reiere a la excepción previs......
-
La liberalización del comercio de servicios en la Unión Europea: ¿un modelo de referencia para el Gasts?
...CE: trois concepts en quête d'identité, (en dos partes)', CDE, 1998, nº 3-4, p. 261. 57 Sentencia de 29 de octubre de 1998, Comisión/España (C-114/97, Rec. p. 58 Sentencia de 4 de mayo de 1993, Fedicine (C-17/92, Rec. p. I-2239). 59 Sentencia de 24 de noviembre de 1998, Bickel y Franz (C-27......
-
La función notarial desde la perspectiva de la Unión Europea
...de diciembre de 1997, Job Centre coop. arl , actividad de colocación de trabajadores. 28. stJ de 29 de octubre de 1998, Comisión/ España , c-114/97, apdos. 36 y s. 29. Ibídem apdo. 38. 30. así se subraya por el aG crUZ Villalón, en conclusiones del abogado General sr. pedro crUZ Villalón pr......
-
El concepto de documento extrajudicial con fuerza ejecutiva en la Unión Europea
...de la sentencia de 24 de mayo de 2011, comisión / reino Unido, c-50/08. así mismo, ver sentencia de 29 de octubre de 1998, comisión/España, c-114/97, rec. p. i-6717, apartado 37). 37. informe Explicativo f. pocar del convenio relativo a la competencia judicial, el reconocimiento y la ejecuc......
-
Commission Interpretative Communication - Freedom to provide services and the general good in the insurance sector
...genuine and sufficiently serious threat affecting one of the fundamental interests of society (Case 30/77 Bouchereau [1977] ECR 1999); Case C-114/97 Commission v Spain [1998] ECR (80) Case C-410/96 Ambry [1998] ECR I-7875; Case C-76/90 Denemeyer (see footnote 13); Case 205/84 Commission v G......